Vue de la capitale yéménite Sanaa, le 2 octobre 2026 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
De fortes explosions ont été entendues samedi à Sanaa, contrôlée par les Houthis, un média lié à ces combattants pro-iraniens faisant état de frappes saoudiennes visant la ville, capitale du Yémen.
Les hostilités entre les Houthis et l'Arabie saoudite, frontalière du Yémen, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet. Le royaume, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, est régulièrement visé par les combattants antigouvernementaux.
Après les frappes sur Sanaa, des flammes et de la fumée se sont élevées samedi d'une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de la capitale du royaume, Ryad, a constaté un journaliste de l’AFP.
Les Houthis n'ont jusque-là pas revendiqué d'attaque sur ce site, et les autorités saoudiennes n'ont pas communiqué dans l'immédiat sur l'incendie, dont les causes et circonstances demeurent floues.
Dans la capitale yéménite, un correspondant de l'AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de chasse lancer des missiles sur la ville.
De son côté, la chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, a fait état d’une "agression saoudienne contre Sanaa", sans fournir davantage de détails ni de bilan.
Elle avait auparavant rapporté samedi que "l'ennemi saoudien visait avec des missiles le réseau de télécommunications dans la région de Saada", fief des rebelles dans le nord du Yémen.
Les Houthis avaient déjà accusé l’Arabie saoudite d’avoir bombardé Sanaa dans la nuit de jeudi à vendredi.
Crise "dévastatrice"
Après une offensive éclair en septembre, les Houthis se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.
Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l'Iran fin février après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
La dernière offensive terrestre menée par les Houthis a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays.
La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir "absolument dévastatrice", a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.
Après plusieurs années d'accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, ouvrant un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient, alors que les tractations diplomatiques pour un règlement marquent le pas.
D'après le site d'information américain Axios, citant trois responsables américains, les principaux membres du cabinet du président Donald Trump se sont réunis vendredi à Camp David pour discuter des prochaines étapes de la guerre avec l'Iran et du conflit au Yémen.
Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l'instant été infructueux.

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